Histoire d’Anne DE CHAUFFEPIE, autre réfugiée protestante en Hollande

Extraits de « 100 lectures d’histoire locale se rapportant au département des Deux Sèvres », G. Picard, 1939

Anne de CHAUFFEPIE, comme Jean MIGAULT, nous a fait connaître elle-même le récit des épreuves par lesquelles elle eut à passer avant d’être bannie.
Anne de CHAUFFEPIE était la fille d’un ancien pasteur de CHAMPDENIERS. Elle avait quarante cinq ans au moment de la Révocation de l’Edit de Nantes. Ses deux frères et un oncle, qui étaient pasteurs, partirent alors pour l’exil. Elle s’était réfugiée chez des tantes, à MAUZE. Et elle dût se sauver à l’arrivée des dragons.
Elle alla demander asile au château d’Olbreuse, comme Jean MIGAULT. Mais le châtelain d’Olbreuse fut menacé et Anne de CHAUFFEPIE dût quitter son asile, vivre cachée dans les environs pendant tout l’hiver et se rapprocher de LA ROCHELLE dans le désir de pouvoir embarquer pour fuir.

Le 23 avril 1686, accompagnée de ses amies, Mesdemoiselles de BOISRAGON, de SAINT LAURENT et de SAUMAISE, elles s’embarquèrent pour rejoindre un bâtiment anglais, au mouillage dans les environs. La barque fut arrêtée. On laissa passer les fugitifs, moyennant cent pistoles. Puis à peine sur le navire anglais, ceux-ci furent de nouveau rejoints et pillés.
Mademoiselle de CHAUFFEPIE fut alors conduite à l’île de Ré, enfermée dans un cachot privé d’air et de lumière, et si humide que ses vêtements n’y séchaient point. On ne la mit pas aux fers pour la raison « qu’il ne s’en trouva point pour toutes les prisonnières. »

BOSSUET, l’évêque de MEAUX, parent de mademoiselle de SAUMAISE, offrit à mademoiselle de CHAUFFEPIE de la tirer de prison « si elle voulait entrer dans un couvent et souffrir qu’on lui parlât quelquefois de la mauvaise religion qu’elle professait. »
Mais ni mademoiselle de SAUMAISE, ni mademoiselle de CHAUFFEPIE ne se voulurent soumettre. Elles furent mises au cachot où l’on ne mettait d’ordinaire que les soldats les plus indisciplinés.
Elles restèrent plus d’un an ainsi, à l’Ile de Ré. Elles furent ensuite conduites dans des couvents, privées de toutes communications entre elles. Anne de CHAUFFEPIE fut mise aux Ursulines, à NIORT. L’intendant FOUCAULT la vint voir, la sollicita de changer de religion, « lui assurant qu’après avoir beaucoup résisté, il lui faudrait y venir à la fin. » Il conseilla aux religieuses de la traiter avec douceur. La captive n’eut pas là à subir de mauvais traitements.

Anne de CHAUFFEPIE fut ensuite conduite à CHARTRES, puis dans un couvent d’un canton du Perche. Elle resta dix mois.
Enfin, le 24 mai 1688, un archer vint la chercher pour la conduire dans un port où elle devait être embarquée avec d’autres protestants, également expulsés de France.

On fit croire à ces déportés, jusqu’au dernier moment qu’on les déportaient en Amérique, espérant que cette perspective les déciderait enfin à se faire catholiques. Ce fut sur le vaisseau qu’on leur dit qu’ils iraient en Angleterre et en Hollande. Anne de CHAUFFEPIE fut conduite à ROTTERDAM.

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Une réponse à Histoire d’Anne DE CHAUFFEPIE, autre réfugiée protestante en Hollande

  1. Harry Tanke dit :

    Je veux savoir les nommes des personnes qui accompagnions Anne de Chauffepie sur sa voyage a Hollande? Je cherche ancestres de moi avec le nom De Voullon. Ils etaient aristocrats de la region La Rochelle. Est ce que ils etaient a bord de bateau?

    Avec Regards,

    Harry Tanke

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